La roulade finale du saxophone brillante comme la prouesse d'un clown éveilla un murmure d'allégresse et les applaudissements claquèrent mêlés d'interjections britanniques. Mais tout aussitôt le jazz du Savoy - comme s'il craignait de laisser s'éteindre cette joie factice - fit entendre la première phrase d'un charleston. Jean-Paul Hibeau écoutait les yeux clos peut-être parce qu'il s'endormait en effet mais plus probablement pour mieux faire pénétrer en lui l'image du hall lumineux plein de chaleur et de parfums les couples élégants agités au rythme de la danse ou souriants autour des tables parmi les cristaux et les fleurs...