Malgré leur opposition l'homme et la femme sont faits l'un pour l'autre à la manière d'un marteau et d'une enclume.POUR UN PUBLIC AVERTI. Dans Les Sœurs de Saïda un prince renonce à tout pour vivre reclus et aux ordres de la fille d'un tenancier de bar après avoir hésité entre elle la froide Damaris et sa sœur la douce Jalta.Grâce au travail remarquable du philosophe Gilles Deleuze Sacher-Masoch est aujourd'hui reconnu comme un grand écrivain.EXTRAITNous gens de l'Est sommes encore plus éloignés de la gaieté des peuples romains que ceux de la race germanique. Le sérieux de ces derniers dégénère chez les Slaves en mélancolie en fatalisme.Nous comprenons aussi l'amour d'une manière plus sérieuse et c'est pour nous moins un plaisir une question de sentiment qu'un tourment un mal à ajouter aux nombreuses souffrances que l'existence nous impose. Pour moi aussi l'amour était une sorte de mystère cruel et la femme une redoutable énigme. À cet âge où l'homme étant plus facilement la proie de ses sensations aime à jouer le rôle d'un page dévoué l'homme et la femme me semblaient être en opposition et même ennemis et je me demandais d'où vient que comprenant et sachant tout ce que nous savons nous nous laissons entraîner pourtant vers cet abîme qui menace de nous engloutir.À PROPOS DE L'AUTEURLéopold von Sacher-Masoch (1836-1895) est un écrivain et historien né en Autriche et aux origines cosmopolites. Son oeuvre est principalement constituée de contes nationaux et de romans historiques regroupés en cycles. Il s'y trouve généralement une héroïne dominatrice ou sadique et le sens narratif vient des légendes et histoires du folklore slave ayant bercé d'enfance de l'auteur. Le terme masochisme est forgé à partir du patronyme de Sacher-Masoch par le psychiatre Krafft-Ebing dans Psychopathia Sexualis (publié en 1886) et est considéré par celui-ci comme une pathologie. Pour Gilles Deleuze qui a analysé et popularisé l'auteur son œuvre est p